Géographie
Bordée au nord et à l'est par la
frontière avec les Pays-Bas, la Région flamande
s'étend du littoral de la mer du Nord à la Campine,
zone essentiellement couverte de landes, de bruyères et
de pinèdes, sur une large plaine que ponctuent quelques
reliefs modérés (monts de Flandre, plateau de Campine).
Elle s'étend également sur des polders.
Elle est drainée par de nombreux cours d'eau : Yser, Lys, Escaut,
Dendre, Dyle, Démer, Meuse. Plusieurs canaux y furent aménagés,
dont certains accessibles à des navires de gros gabarit : canaux
Albert, Willebroek, et canaux de Campine, de Bruges et de Gand.
Èconomie
La Région flamande compte 34 000 exploitations
agricoles, dont la superficie moyenne est de 10,2 ha, ainsi
que 7 000 exploitations horticoles (3 ha en moyenne).
Les productions sont diversifiées. Les grandes cultures (notamment céréalières)
dominent sur les polders et dans une partie des Flandres, tandis que les herbages
et les cultures fourragères, qui tiennent une place très importante,
prédominent en Campine et en Flandre.
Elles vont de pair avec un élevage important,
principalement de bovins (lait et viande) ou, dans une moindre
mesure, de porcs et de volailles.
Les productions horticoles sont développées notamment au centre
de la région, et sont elles aussi diversifiées : légumes
autour de Malines et de Roeselare, fruits dans le Hageland et le sud du Limbourg,
endives et fleurs autour d'Aalst, plantes en pots près de Gand, pépinières à Wetteren.
De grandes criées pour la vente de ces productions ont lieu à Roeselare,
Sint-Katelijne-Waver et Hoogstraten.
La région abrite tous les principaux ports de Belgique, à commencer
par le port d'Anvers, quatrième port mondial, assurant les quatre cinquièmes
du commerce belge.
Le port de Gand et l'ensemble Bruges-Zeebrugge (deuxième port de Belgique
pour la pêche et le commerce) ont aussi une activité non négligeable.
Anvers comme Zeebrugge sont notamment des ports pétroliers.
Ostende est le premier port de pêche belge. Tous ces ports assurent également
le transport des voyageurs vers l'Angleterre.
Traditionnellement, l'industrie de la région
est tournée vers le textile, l'agroalimentaire et les
charbonnages en Campine. Cette dernière activité s'est
arrêtée en 1992.
Frappée par la crise des industries anciennes, la Région flamande
connaît cependant moins de friches industrielles que la Région
wallonne.
Dans les années 1959-1981, elle a reçu 59 p. 100 des
investissements à l'aide au développement réalisés
en Belgique, ce qui explique sans doute en partie sa meilleure gestion de la
crise.
Les autres secteurs traditionnels sont toujours
présents, notamment en Flandre pour ce qui concerne le
textile, mais l'industrie flamande s'est diversifiée.
Les activités industrielles de la région se font le plus souvent
en liaison étroite avec les activités portuaires, dont elles
dépendent parfois totalement (chantiers navals, chimie et pétrochimie,
pharmacie, par exemple).
Autour d'Anvers se sont aussi développées des industries automobiles
et des métaux non ferreux, tandis que, plus au sud (Louvain, Malines),
on trouve des industries du bois et du meuble, ou des constructions métalliques.
À Louvain se situe également la plus
importante brasserie de Belgique (Stella Artois produit 9 millions
d'hectolitres par an).
L'ouest de la région compte trois grands pôles industriels :
Bruges, Gand et Ypres.
Leurs industries sont diversifiées : textile, métallurgie,
agroalimentaire, bois.
Le secteur tertiaire est également développé en Région
flamande, où il joue un rôle essentiel dans les principales villes.
Le tourisme est actif, grâce notamment à la
présence dans la région des villes d'art les plus
renommées de Belgique, comme Bruges en particulier, connue
pour être la «Venise du Nord».
De nombreux musées abritent des œuvres remarquables, dont celles
des fameux peintres flamands du XVe au XVIIIe siècle (Van Eyck,
Memling, Bruegel, Rubens, Van Dyck).
D'autres activités touristiques sont présentes
dans la région. Ainsi, le littoral accueille-t-il quelques
stations balnéaires réputées, et des parcs
d'attractions, se sont développés.
Les activités régionales sont soutenues
par le réseau de transport, plus dense que celui de Wallonie,
qui comprend de nombreuses autoroutes et voies ferrées,
d'importants canaux, ainsi que l'aéroport de Bruxelles-Zaventem.
Histoire
La Région flamande est apparue avec la réforme
constitutionnelle de 1967-1971.
Elle s'inscrivait dans un long processus de différenciation entre les
régions belges.
En effet, la première Constitution de la Belgique indépendante
(1831) institua le français comme langue officielle unique, en réaction à la
domination des Pays-Bas (1814-1830).
Le bilinguisme fut établi en 1898, puis
l'unilinguisme régional s'imposa en 1932, sauf à Bruxelles.
Au fil des années 1960, les revendications fédéralistes
devinrent plus pressantes.
En 1971, quatre régions linguistiques furent
constitutionnellement établies : Flandre, Wallonie,
Communauté germanophone et Bruxelles-Capitale.
Des communes à minorité linguistique protégée ont été créées,
notamment dans la banlieue bruxelloise et dans la région des Fourons.
Cette dernière fut annexée à la province du Limbourg en
1963, alors qu'une large majorité souhaitait rester dans la province
de Liège; désormais, la demande de statut de communauté bilingue
est de plus en plus vive.
Malgré ces aménagements pour laisser à chacun
particularismes et autonomie, une volonté purement séparatiste
demeure chez certaines organisations flamandes.
Pour en savoir plus : http://www.vlaanderen.be
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