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Les dossiers:

Dossiers : la formation des enseignants dans les pays partenaires

ALLEMAGNE

1) Formation des éducateurs et éducateurs sociaux
Dans l’éducation préscolaire, travaillent majoritairement des « staatlich anerkannte Erzieher » (éducateur reconnu par l’Etat) ou des « Kinderpfleger » (puériculteurs). Les jardins d’enfants sont souvent dirigés par des « staatlich anerkannten Sozialpädagogen » (éducateurs sociaux reconnus par l’Etat).

Les éducateurs sociaux reconnus par l’Etat sont formés aux « Fachschulen für Sozialpädagogik » (établissement scolaire dispensant une formation professionnelle spécialisée dans le secteur socio-pédagogique), assimilée à l’enseignement secondaire supérieur. Les conditions pour y accéder à cette formation sont :
Un « Realschulabschluß » (diplôme scolaire intermédiaire) ou un diplôme équivalent (et non pas comme dans beaucoup d’autre pays le baccalauréat)
Une formation professionnelle de deux ans minimum ou avoir au moins deux années d’expérience professionnelle
La formation à la « Fachschule » dure de trois à quatre ans à laquelle s’ajoute une année pratique dans un établissement préscolaire sous la supervision de la « Fachschule ». Depuis fin 1998 plus de 229 500 éducateurs travaillaient dans des jardins d’enfants.
La formation des éducateurs sociaux reconnus par l’Etat se fait à la Fachhochschule et se termine par un diplôme. La formation et la partie pratique d’un an durent au total 4 ans. Fin 1998 environ 6330 éducateurs sociaux travaillaient dans des jardins d’enfants.

2) Formation des enseignants des écoles (et des « Grundschulen »)
La formation des enseignants est divisée en deux parties :

1ère phase études dans un établissement d’enseignement supérieur comme une université ou une université technique

2ème phase période probatoire « Vorbereitungsdienst »

Les études dans une université ou une université technique représentent la première phase (à Schleswig-Holstein et à Bade-Wurtemberg ils existent des établissements de formation des enseignants - « pädagogische Hochschule »). Les études sont orientées dès le début aux exigences de l’enseignement et comprennent des unités de formation pratique. La première phase de la formation mène au premier examen d’Etat « erstes Staatsexamen ». Selon chaque Lande le premier examen peut être remplacé par des examens donnant droit à l’obtention d’un diplôme académique « Diplomprüfungen ». La réussite de l’examen donne accès à la période probatoire.
La deuxième phase de la formation est la phase probatoire « Vorbereitungsdienst ». Elle consiste en la participation à des séminaires et en période de travail de stages à la « Grundschule ». Selon les Länder et les types d’enseignement, la durée de cette phase est en principe de deux ans. Les « Hospitationen » (les périodes de travail en stage) sont guidée et indépendante de l’enseignement. De plus il y a la participation aux séminaires et l’analyse des expériences acquises. La deuxième phase mène au deuxième examen d’Etat « zweites Staatsexamen » dont l’obtention conditionne mais ne garanti pas l’engagement définitif en tant que professeur.

La formation des enseignants de la « Grundschule » se fait, comme pour tous les professeurs, en deux parties. La première partie comprend 7 semestres qui attribuent une place spéciale à la partie pratique et la partie de contenu de l’enseignement. Les étudiants choisissent une matière à option ou de spécialisation ainsi que la didactique relative à l’école primaire. Les options et les spécialisations sont fixées par les Länder.

Les enseignants du secteur public sont des fonctionnaires de l’Etat. Leur statut est défini dans le code de la fonction publique de leur Land. Dans les Länder de l’Allemagne de l’est ont actuellement le stat d’employés.

Tous les enseignants sont tenus de suivre une formation continue afin de se tenir au courant des évolutions nouvelles et d’obtenir des qualifications complémentaires.
Les centres de formation continue pour enseignants, crées par les ministères de l’Education des Länder, proposent une gamme diversifiée de cours où sont abordés les problèmes spécifiques à chaque niveau d’enseignement et type d’établissement.

BELGIQUE francophone

A partir de 1974, la formation initiale des enseignants, de niveau supérieur non universitaire, se déroule dans des Instituts d'Enseignement Supérieur Pédagogique (IESP). A la rentrée académique 1984/1985, la formation dans l'enseignement supérieur est passée de deux à trois ans. Dès la rentrée scolaire 1996-1997, les Instituts d'Enseignement Supérieur Pédagogique ont été intégrés dans les Hautes Écoles, et a été revue en 2000, la formation des instituteurs en référence notamment au Décret Mission entré en vigueur le 1er septembre 2001. Il abroge la plupart des dispositions antérieures.

Depuis plusieurs années, des collaborations bilatérales entre Universités et Hautes Écoles (anciennement Instituts d'Enseignement Supérieur Pédagogique) se sont développées: cours dispensés aux étudiants des Instituts d'Enseignement Supérieur Pédagogique par des professeurs d'université, échanges d'informations, formation pratique assurée par les professeurs des Instituts d'Enseignement Supérieur Pédagogique, association des étudiants des Instituts d'Enseignement Supérieur Pédagogique à des recherches-actions

Les programmes d’études sont de la responsabilité du pouvoir organisateur de l'établissement de formation initiale. Ils doivent permettre de traiter les différents aspects des contenus obligatoires, à raison d’un nombre minimum d’heures par domaine, et dans le cadre de 880 heures de formation disciplinaire et interdisciplinaire.

La formation initiale des enseignants du préscolaire et du primaire s'effectue dans les Hautes Écoles. Tous les réseaux organisent ce type d'enseignement.
Administrativement, les départements pédagogiques des Hautes Écoles font partie de l'enseignement supérieur de type court et de plein exercice.
La formation en langue des signes - niveau approfondi, qui permet d'obtenir le certificat requis pour exercer la fonction d'instituteur chargé des cours d'apprentissage par immersion en langue des signes, est délivrée par l'enseignement secondaire supérieur de promotion sociale.
La formation est accessible aux titulaires du Certificat d'Enseignement Secondaire Supérieur (CESS). Il s’agit d’un système ouvert. Beaucoup d'étudiants entament une formation pédagogique après avoir déjà essayé d'autres formations supérieures.

La Communauté française impose à chaque étudiant le paiement d'un droit d'inscription. Il n'est pas prévu d'autres conditions d'admission. Cependant, certains instituts font passer des entretiens aux candidats pour connaître leurs motivations et pour voir s'ils ne présentent aucun handicap qui entraverait l'exercice de leur profession.
Un grand principe qui sous-tend la formation, renforcé par le décret du 12 décembre 2000, est l'articulation "théorie-pratique". Divers aspects de l'organisation, des contenus et des activités de formation concourent à ce que les étudiants, non seulement acquièrent des automatismes de professionnels de l'enseignement mais que, bien plus, ils puissent devenir des théoriciens de leurs pratiques.

Le modèle de formation mis en œuvre est un modèle simultané. Les stages en situation réelle sont organisés dans les trois années d’études : en 1re année, il s’agit d’observation participante, en présence du maître de stage ; en 2e et 3e années, l’étudiant prend une classe en charge.
Les étudiants effectuent leurs stages en équipes de deux personnes minimum au sein d’une même implantation.
L’accompagnement des stages est assuré par les maîtres assistants, chargés de cours, chefs de travaux ou professeurs de la Haute École, d’une part, et par des maîtres de stage, d’autre part. Les professeurs chargés de la formation pédagogique, d’une part, et ceux qui sont chargés de la formation disciplinaire, d’autre part, supervisent chaque étudiant à raison d’au moins une visite par semaine de stage. Les maîtres de stage, qui accueillent des étudiants de 2e ou de 3e année dans leur classe, doivent être agréés par les autorités de la Haute École dans le cadre d’un accord de coopération explicite et ils bénéficient d’une rémunération.

Des ateliers de formation professionnelle proposent aux étudiants un ensemble d’activités susceptibles de faire émerger des compétences professionnelles et un savoir réflexif sur celles-ci. Ils leur permettent d’expérimenter, d’observer et d’analyser les différents aspects de la profession. Ils sont encadrés par des professeurs titulaires de la formation pédagogique (1/3 des heures), ou chargés de la formation disciplinaire (1/3) et par des « maîtres de formation pratique » (1/3), qui interviennent séparément ou par équipes de deux ou trois. Les « maîtres de formation pratique » sont engagés pour au maximum un mi-temps par la Haute École et exercent au moins un mi-temps dans l’enseignement fondamental ou secondaire inférieur.

En outre, des activité interdisciplinaires de construction de l’identité professionnelle sont organisées en activités de séminaire et encadrées par des professeurs de la Haute École ou par des experts extérieurs. Organisées à raison de deux par année académique, elles concernent l’identité enseignante et le dossier de l’enseignant (1re année), l’ouverture de l’école sur l’extérieur et l’éducation à la diversité culturelle (2e année), la déontologie de la profession et l’élaboration du projet professionnel (3e année).

Le travail de fin d’études est une production écrite personnelle et originale par laquelle l’étudiant de 3e année utilise ses acquis dans le cadre particulier d’un sujet qu’il a choisi, et doit être présenté oralement.
L'évaluation peut être réalisée par les établissements (évaluation interne) ou par un jury désigné par le Ministre (évaluation externe).
L'évaluation interne fait partie des domaines où est garantie la liberté pédagogique de chaque réseau dès lors, dans le respect des lois et arrêtés, chaque pouvoir organisateur peut définir le type d'évaluation qui va être le sien, les moyens d'évaluer et de communiquer les résultats de l'évaluation. L'évaluation est sommative et certificative; elle se fonde sur les épreuves de fin d'année et le travail de fin d'études.
On procède également à l'examen d'un dossier dans lequel sont consignées les diverses prestations des étudiants, en particulier leurs prestations en matière de formation pratique et de stages. Il faut également signaler que des initiatives ont été prises, récemment, pour mettre en place des démarches d'évaluation formative visant à fournir aux enseignants et aux étudiants des occasions de régulations fréquentes.
Les Hautes Écoles délivrent les diplômes d'instituteur/institutrice préscolaire ou primaire.
Le décret du 12 décembre 2000 prévoit qu’au terme de leurs études, les diplômés prononcent publiquement le Serment de Socrate, et s’engagent ainsi à mettre toutes leurs forces et toute leur compétence au service de l’éducation de tous les élèves qui leur seront confiés.
Les Hautes Écoles délivrent les diplômes requis pour l'enseignement dans les écoles maternelles et dans les écoles primaires. Ces diplômes permettent d'accéder directement à la profession.
Les instituteurs primaires qui ont obtenu un certificat de connaissance approfondie du néerlandais ou de l’allemand peuvent devenir maîtres de seconde langue dans l'enseignement primaire. Les instituteurs qui ont obtenu le certificat de capacité aux fonctions de maître d'éducation physique dans les écoles primaires peuvent occuper cette fonction.
Un encadrement spécifique du début de carrière des nouveaux diplômés est organisé depuis le 1er septembre 2004.

Un système de passerelles permet à tout porteur d’un diplôme pédagogique de devenir instituteur primaire en un an et à tout régent de se préparer à enseigner une nouvelle discipline.

Source : EURYDICE

BELGIQUE germanophone

Sur le site d’EURYDICE ( EURYBASE)
http://www.eurydice.org/Eurybase/frameset_eurybase.html

FRANCE

La formation des enseignants du premier degré
Les candidats sont admis en première année dans un IUFM ( Institut Universitaire de Formation des Maîtres) ou un centre de formation pédagogique privé (CFPP) soit sur examen de dossier suivi d'un entretien, soit sur examen de type QCM (questions à choix multiples) soit sur examen combinant différentes formules. Cependant l'accès en IUFM ne conditionne pas l'ouverture du concours des professeurs des écoles à ceux qui n'ont pas été reçus ou qui n'ont pas souhaité suivre la première année, qui est une année de préparation au concours auquel ils peuvent se présenter en tant que candidats libres.

Depuis 1992, le recrutement des nouveaux enseignants du premier degré (préélémentaire et élémentaire) appelés professeurs des écoles se fait parmi les titulaires soit d'une licence ou d'un des diplômes français figurant sur la liste des titres ou diplômes requis, soit d'un diplôme sanctionnant un cycle d'études post-secondaires d'au moins trois années délivré par un autre État membre de l'Union européenne (arrêté du 28 février 1991 publié au Bulletin officiel du ministère de l'Éducation nationale (B.O) du 21 mai 1991), soit d'un diplôme étranger délivré hors de l'Union européenne, sanctionnant un cycle d'études post-secondaires d'au moins trois années : dans ce dernier cas, la décision de validation relève du président d'une université ou du directeur d'un établissement d'enseignement supérieur et doit être prise en vue d'une inscription sans réserve en deuxième année du second cycle ou en troisième cycle d'études supérieures (arrêté du 4 juin 1991 publié au Journal officiel du 11 juin 1991). En outre, tous les candidats devront, au plus tard à la rentrée 2003, être titulaires du certificat des langues de l'enseignement supérieur (CLES) niveau 2, ou du diplôme de compétence en langues (DLC) niveau 3, ou d'un certificat équivalent.
La formation s'organise en deux ans. La première année d'IUFM est une année de préparation théorique et pratique au concours de recrutement des professeurs des écoles Le plan de rénovation de la formation des enseignants, présenté par le ministre de l'Education nationale le 27 février 2001, a prévu la conception d'un programme national pour le concours des professeurs des écoles afin d'affirmer le principe d'égalité de tous devant la préparation au concours. L'élaboration de ce programme national et la définition des contenus qu'il implique a été la tâche première d'un comité de suivi des concours, créé en 2001. Dans le cadre de l'annonce de la rénovation de l'année de préparation au concours, il a été prévu encore qu'à partir de 2002, les épreuves écrites ne comporteraient plus de dimension professionnelle (questions de didactique, etc.) mais vérifieraient surtout la culture générale des candidats dans deux disciplines, Lettres et Sciences.
Ainsi, les candidats « libres » au concours de recrutement des professeurs des écoles c'est-à-dire ceux qui n'ont pas pu bénéficier de l'année de préparation en IUFM ne se trouvent pas désavantagés par rapport à ceux qui y ont été acceptés. Cette première année est donc conçue comme une année de renforcement des compétences disciplinaires et d'affirmation du projet professionnel du candidat par un stage de sensibilisation dans un établissement scolaire. D'ailleurs, il est possible d'effectuer ce stage dès l'année de Licence dès lors que l'étudiant s'oriente vers les carrières de l'enseignement.

La deuxième année d'IUFM poursuit la formation professionnelle à l'issue du succès au concours du professorat des écoles. Les étudiants ont alors un statut de professeurs-stagiaires et perçoivent à ce titre une rémunération.

Un arrêté du ministre chargé de l'Éducation nationale en date du 2/7/1991 précise que "le contenu des formations des première et deuxième années des instituts universitaires de formation des maîtres, et les modalités de validation à la fin de la deuxième année de ces instituts font l'objet de plans de formation établis et soumis à l'agrément ministériel". Cet agrément est accordé à chaque institut après vérification que son plan de formation est conforme à la réglementation et aux objectifs nationaux. Il est valable pour une période de quatre années.

La circulaire n° 91-202 du 2/7/1991 définit un cadre national concernant les contenus et la validation des formations organisées par les IUFM Dans ce cadre global, la formation disciplinaire vise à assurer la polyvalence des futurs professeurs d'école, en dégageant les interactions possibles entre l'enseignement des différentes disciplines. Outre l'enseignement du français et des mathématiques, un enseignement de langues et un enseignement d'éducation physique et sportive doivent être dispensés pendant les deux années. Pour les futurs enseignants souhaitant exercer dans le préscolaire, la formation reçue tient compte de la spécificité de ce type de classe. Il est également envisagé de leur offrir la possibilité d'y effectuer un stage plus long tout en acquérant cependant une expérience dans les autres cycles de l'école primaire.

La formation générale, qui inclut en deuxième année la rédaction d'un mémoire professionnel, fait connaître aux futurs professeurs des écoles les caractéristiques de chaque cycle, en particulier sur le plan pédagogique.

Dans les CFPP, la formation est organisée pour les deux années conformément aux règles générales définies pour la formation des professeurs des écoles en IUFM
Les compétences professionnelles qui sont attendues des professeurs des écoles stagiaires, à l'issue de leur formation initiale, sont précisées dans un "référentiel de compétences". Il s'agit d'un cahier des charges que le ministère de l'Éducation nationale, en tant qu'employeur, demande aux IUFM de mettre en œuvre. Ce référentiel traite des grands domaines de compétence professionnelle, à savoir: les disciplines enseignées à l'école primaire, les situations d'apprentissage, la conduite de la classe, la prise en compte de la diversité des élèves, l'exercice de la responsabilité éducative et de l'éthique professionnelle

Le diplôme professionnel de professeurs des écoles sanctionne les études suivies en IUFM ou en CFPP .Les travaux effectués en deuxième année qui sont évalués pour l'obtention du diplôme, sont constitués de trois volets :
un stage long en responsabilité (huit semaines) effectué dans une classe et, pour les disciplines techniques et professionnelles, un stage en entreprise;
un mémoire professionnel sur une situation rencontrée;
l'approfondissement de la formation théorique qui fait l'objet d'une validation.

Les épreuves du concours de recrutement des professeurs des écoles doivent permettre d'attester chez le candidat une bonne maîtrise des contenus disciplinaires et un certain nombre de compétences de type professionnel, telles que la bonne connaissance des programmes et instructions relatifs à l'école primaire et une maîtrise des méthodologies permettant l'utilisation de ces contenus disciplinaires au niveau de l'école. Les nouvelles orientations données par le ministre de l'éducation nationale le 27 février 2001 prévoient qu'à partir de 2002, les épreuves écrites du concours ne comporteront pas de dimension professionnelle, qui sera désormais l'objet d'une évaluation lors de l'épreuve orale. Les épreuves d'admissibilité (épreuves écrites) auront alors pour fonction de tester la culture générale des candidats dans deux disciplines : Lettres et Sciences. Cette orientation est souhaitée afin d'affirmer le principe d'égalité de tous devant la préparation au concours, qui actuellement donne l'avantage à ceux qui ont suivi l'année de préparation en IUFM
Les enseignants du premier degré titulaires ont la possibilité de poursuivre leur formation, puisqu’ils disposent de 36 semaines de formation continue, non obligatoire, sur la durée de leur carrière.
Source : EURYDICE